"Jeune mère de famille, je découvre depuis peu Internet. A partir de Yahoo j'ai trouvé des choses effrayantes. Comment voulez-vous que nos jeunes soient respectueux du code de la route quand ils lisent ce genre de chose !!! Un site qui fait l'apologie de la violence : http://www.... Un site incitant à boire au volant : http://www.... Je suis scandalisée" (les sites cités par la personne ne sont pas reproduits ici).
"Je suis allé à une soirée, maman, et je me suis souvenue de ce que tu m'avais dit. Tu m'avais dit de ne pas boire, maman, alors je n'ai pas bu. Je n'ai pas bu avant de conduire, maman, même si les autres m'ont incitée. Je sais que j'ai fait la bonne chose, maman. Je sais que tu as toujours raison. Maintenant, la boum est presque terminée, maman , et tout le monde prend le volant. Quand je suis entrée dans mon auto, maman, j'ai su que je rentrerais à la maison grâce à la manière dont tu m'as élevée. J'ai commencée à conduire, maman, et comme je sortais pour prendre la route, l'autre auto ne m'a pas vue, maman, et elle m'a frappée. Je suis étendue sur le pavé, maman. J'ai entendu le policier dire que l'autre garçon était saoul, maman, et maintenant, je suis celle qui paye ! Je suis couchée ici, en train de mourir, maman, j'espère que tu arriveras bientôt. Comment ceci pouvait m'arriver à moi, maman? Ma vie vient d'éclater comme un ballon. Je baigne dans mon sang, maman. J'entends les ambulanciers parler, maman, et je vais mourir dans peu de temps. Je voulais simplement te dire, maman : je te jure que je n'ai pas bu ! C'était les autres maman. Les autres n'ont pas réfléchi. Ce garçon était probablement à la même soirée que moi. La seule différence c'est qu'il a bu et que c'est moi qui vais mourir... Je sens beaucoup de douleur maintenant. Le garçon qui m'a frappé marche et je ne crois pas que ce soit juste. Je suis étendue ici en train de mourir et il me regarde en me fixant... Dis à mon frère de ne pas pleurer, maman. Dis à papa d'être brave et quand je serai au paradis, maman, tu écriras : la fille à papa, sur ma pierre tombale. Quelqu'un aurait dû lui dire, maman, de ne pas conduire s'il avait bu. Si seulement quelqu'un lui avait dit, maman, je serais encore vivante. Ma respiration devient de plus en plus courte, maman, et j'ai peur. S'il te plait, ne pleure pas maman. Quand j'avais besoin de toi tu étais toujours là. J'ai une dernière question maman avant de te dire adieu : Je n'ai pas bu avant de conduire, alors pourquoi suis-je celle qui meurt ?"
La Fondation Anne Cellier s'auto-dissout estimant son "objectif
atteint"
PARIS, 3 avr 2005 (AFP) - La Fondation Anne Cellier, association de lutte
contre l'insécurité routière, s'est auto-dissoute, 18
ans après sa création, parce que "l'essentiel de (son) objectif
a été atteint", a-t-on appris dimanche auprès de son
ex-présidente Christiane Cellier.
Lors de la création de la fondation, au moment du décès
de sa fille Anne en 1986 à la suite d'un accident de la route, il
y avait "plus de 12.000 morts sur les routes de France dans l'indifférence
totale, excusés par la fatalité. Aujourd'hui, il y a un peu
plus de 5.000 morts alors que nous sommes beaucoup plus nombreux sur les
routes", a expliqué à l'AFP Christiane Cellier.
"Grâce aux médias, le visage d'Anne a ému, résonné,
dérangé, réveillé et mobilisé tant les
pouvoirs publics que les automobilistes. L'essentiel de l'objectif de l'association
a été atteint", a-t-elle ajouté, concluant qu'il "est
temps que le nom d'Anne retrouve le silence".
La liquidation a été prononcée officiellement samedi,
selon Christiane Cellier. Les fonds restants ont été dévolus à l'Institut
de Garches (Hauts-de-Seine) qui aide les victimes des accidents de la route.
Mme Cellier reste membre du conseil national de la sécurité routière.